10.10.2005

LA CRITIQUE DE LA GRANDE CATHERINE



La grande Catherine, membre éminent du club des amis du rock, qui se réunit tous les mois pour de fines agapes, a enfin écouté le dernier album des Stones, car tel était son devoir et tel était son sacerdoce.

En guise d'introduction et de mignardise, rappelons que nul de pourra nier que la grande Catherine est le plus grand défenseur du "plus grand groupe de rock' n 'roll du monde" et personne ne pourra non plus lui arracher le titre d'admirateur inconditionnel du band au gars lippu et au corsaire guitar's hero, titre qu'il partage gaillardement avec Philippe manoeuvre, le Léon Zitrone du rock.

C'est donc l'oreille pleureuse que la grande Catherine se doit d'annoncer, piteuse, que ce n'est pas dans les vide-greniers qu'on fabrique de nouveaux Aftermath et que ce n'est pas dans les vieux pots qu'on fait les meilleures Let it Bleed. Je vous ai épargné : "ce n'est pas dans la vieux pot qu'on fait les meilleures (Goat's Head") soupes", me remerciez pas, je filerai ce lamentable jeu de mots à Patrick Eudeline. Force m'est donc de reconnaître que le nouvel album des Stones est un... vieil album des Stones, une lamentable compilation de riffs éculés, de ponts musicaux vus et revus, de blues neuneu à la va-que-je-te-pousse, et de lyrics fumeux à la "love is hard, my heart is cryiiiin'".

La grande Catherine veux rester polie, par égard vis-à-vis de ce quatuor (ex quintette pour cause de noyade et autre "je m'en vais parce que vous m'avez pas crédité comme auteur sur "Jumpin' Jack Flash" alors que c'est rien que c'est moi qui ai trouvé le riff", dixit Mick Taylor, ou autre "suis trop vieux, fais de l'arthrite, a veux pu faire de galas, a préfère aller faire du rockabilly", dixit le vieux Bill Wyman).La grande Catherine se gausse par ailleurs de la presse rock, qui s'est empressée de dire tout le bien qu'elle ne pensait pas de A Bigger Bang, titre du dernier opus, (ah ben, quand tu as que 8 ans pour trouver un titre d'album pas étonnant que ce soit pôvré, même là, hein les gars !... et je vous fais grace du pompage pochette sur Back to The Egg du gars McCartney, période Wings, ce n'est que détails et billevesés comme dirait le baron Von Toto of Niort !).

On peut s'étonner de cet engouement douteux du rock critic pour un album aussi naze, engouement que je ne peux mettre que sur un inculture concernant la chose stonienne, ou sur un mouton de panurgisme qu'on ne trouve plus guère que dans les réunions de l'UMP. Voilà, c'est fait, il faut désormais, et j'en ai bien peur, définitivement, tirer un gros trait sur la possibilité, non pas d'une île houelbecquienne, mais d'un possible futur album des Stones qu'on qualifierait d'honorable, c'est à dire avec seulement, disons, 4 titres défendables, dont un slow langoureux "angiesque", on ne demande pas la lune non plus, même pas un Tattoo You de respectable facture.

Il nous reste, pour la mémoire, les mégas concerts, toujours assez yéyé si j'en juge de ce que j'en lis, et nous nous empresserons d'allez zyeuter et z'ouillir ce vieux barnum rock quand il viendra (en juillet) parader sur les estrades françaises, car, comme pour Charles Trénet, il faut bien se dire qu'un jour, ben ce sera vraiment la dernière fois que nous pourrons clamer notre sympathie pour le diable.

Votre Catherine (déçue)

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